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La Conférence sous régionale des acteurs de la sécurité organisée par la FONDATION KONRAD Adenauer

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La Conférence sous régionale des acteurs de la sécurité organisée par la FONDATION KONRAD Adenauer, sur le thème : « Genre et paix, la création d’un dialogue : les Acteurs féminins assurent la paix dans le Sahel », tenue les 3, 4 et 5 novembre 2016, au Grand Hôtel de Niamey au Niger ;

A l’issue des allocutions, des communications, des échanges ;

Considérant le rôle clé des femmes dans la sécurisation et le maintien de la paix, ressortant des résolutions des Nations Unies ;

Rappelant les stratégies internationales pour l’intégration des femmes aux processus de la sécurisation de la paix au Sahel ;

Consciente du fait que la mise en œuvre quantitative et qualitative de la Résolution 1325 par les acteurs nationaux, sous régionaux et locaux, peut impulser le positionnement des femmes dans les sphères de prise de décisions, en vue de renforcer leur participation aux processus de paix ;

Tirant les leçons de l’impulsion externe pour les stratégies en matière de lutte contre l’extrémisme et pour le maintien de la paix ;

RECOMMANDE

I- Aux institutions nationales

1- Aux gouvernements de :

– Veiller à l’opérationnalisation de la politique nationale genre ;

– Créer et renforcer les fonds d’autonomisation des femmes ;

– Adapter le système d’éducation et de formation aux populations nomades ;

– Raffermir la volonté politique dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’actions nationaux de la Résolution 1325 ;

– Mettre en place des mécanismes de coordination et de suivi-évaluation des activités des plans d’actions nationaux ;

– Mettre en place une budgétisation sensible au genre avec un accent particulier sur le financement des plans d’actions nationaux de la Résolution 1325;

– Mettre en œuvre un programme standard de formation et de renforcement des capacités de tous les acteurs ;

– Renforcer la participation des femmes dans le processus de recherche et de maintien de la paix, notamment dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) et dans la réforme du secteur de la sécurité ;

– Renforcer les outils de bonne gouvernance ;

– Renforcer l’éducation et la formation professionnelle des jeunes ;

– Assurer la réinsertion socio-professionnelle des jeunes vulnérables;

2- Aux Assemblées Nationales de :

– Renforcer le partenariat des commissions des Assemblées nationales avec les acteurs féminins, sur les questions de genre, paix et sécurité ;

– Créer un cadre de dialogue tripartite entre société civile, parlementaires et gouvernement sur la mise en œuvre de la Résolution 1325;

– Faire un plaidoyer auprès des PTFs pour le financement des plans d’actions nationaux ;

– Renforcer les capacités des parlementaires sur la Résolution 1325 afin qu’ils puissent la vulgariser auprès de leurs bases électorales ;

II- Aux Organisations de la société civile de :

– S’investir dans l’information, l’éducation, la communication et la sensibilisation, pour le changement de comportements et de mentalités, pour une meilleure prise en compte des besoins du genre ;

– Vulgariser la Résolution 1325 à travers un plan de communication bien élaboré ;

– S’engager d’avantage dans la mise en œuvre des plans d’actions nationaux ;

III- Aux institutions régionales et internationales de :

– Interpeller régulièrement les gouvernements pour la mise en œuvre effective de la Résolution 1325 ;

– Faire un plaidoyer pour le renforcement des financements destinés à l’accompagnement des organisations de la société civile pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 ;

– Identifier et lutter contre les causes de l’extrémisme ;

– Mettre en œuvre un programme standard de formation et de renforcement de capacités de tous les acteurs ;

Fait à Niamey le 05 novembre 2016

La Conférence

Synthèse des travaux

Le troisième panel de la Conférence sous régionale des acteurs de la sécurité a regroupé trois panelistes à savoir

– Mme ZARHA Walet Hamed IDDA, Présidente du Collectif des femmes nomades de Djebock basé à Gao au Mali ;

– Mme TOURE Fatoumata, Présidente de l’ONG Greffa également basée à Gao au Mali ;

– Et Mme AZARA El Hadji MAHAMADOU, Présidente de l’Association des femmes du Niger contre la guerre (AFNCG) basée à Agadez ;

Toutes les trois panelistes ont d’abord pris le soin de présenter leur Région, ressort de mise en œuvre de leurs activités et ensuite ont présenté leur organisation.

A ce titre, il faut noter que nous avons eu droit à des témoignages très poignants sur des expériences vécues par ces dames très engagées et dévouées. Ces expériences qui leur ont d’ailleurs rappelé des souvenirs très douloureux et difficiles, résultent des rébellions, des invasions, des actes terroristes et extrémistes.

Elles ont tenté de dégager les causes de la radicalisation des jeunes et du terrorisme qui s’articulent autour du chômage des jeunes, de l’oisiveté, de l’injustice, de l’indisponibilité des services sociaux de base, des frustrations, des problèmes de gouvernance, de la corruption, de l’exclusion sociale, de l’ignorance, du partage inéquitable des richesses……

Elles ont fait des propositions sur les stratégies qu’elles ont utilisées pour faire face aux conséquences désastreuses liées aux conflits, au terrorisme, aux rébellions, aux guerres…..

En effet, étant natives des régions dans lesquelles les actes de barbaries ont été perpétrés, au lieu de fuir ces régions, elles se sont armées de courage et ont étendu le champ de leurs actions. Elles ont pris des initiatives et sollicité des financements pour les mettre en œuvre, notamment des activités de sensibilisation et d’information auprès des femmes, des chefs coutumiers et religieux. Elles se sont même données quelques fois le courage de prendre contact avec les chefs de guerre, de rebelles, des envahisseurs avec lesquels, elles ont discuté et demandé le dépôt des armes…..

Elles ont pris en charge les femmes et les filles victimes de violences, des violences sexuelles, des veuves et orphelins, des enfants soldats…. Cette prise en charge était tant médicale, que sociale et financière.

Elles ont participé dans une moindre mesure par contre, et surtout contre leur gré, aux négociations, aux accords de paix et à leur mise en œuvre.

Elles proposent en outre, que l’on cultive la paix, la tolérance, la citoyenneté, les valeurs. Accentuer la sensibilisation auprès de toutes les couches socio-professionnelles et culturelles, renforcer la réinsertion économique et sociale des jeunes. Elaborer des projets pour le suivi à moyen et à long terme des femmes victimes de violences et violences sexuelles……

Les participants ont réagi en apportant des contributions, en faisant des témoignages, et en posant quelques questions d’éclaircissement, auxquelles des réponses ont été apportées.

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